lesnécessités de l’action tendent à limiter le champ de la vision. » Henri Bergson, La pensée et le mouvant Il faut être attentif à la première phrase (thèse de l’auteur) : l’art viserait c’est-à-dire
HNmQ. 1. Dans ce texte, Bergson entend démontrer que nous sommes des êtres libres » il suffit pour s'en convaincre d'écouter ce dont notre conscience témoigne », et ce dont elle nous avertit ». Mais alors, quel est ce témoignage que nous apporte la conscience ? Tous nous faisons quotidiennement l'expérience de l'action, c'est-à-dire aussi toujours l'expérience du choix toute action quelle qu'elle soit », est la réalisation d'une possibilité, possibilité qui n'était en tant que telle jamais la seule, mais un possible parmi d'autres. J'ai bu du café ce matin j'aurais tout aussi bien pu prendre du thé ; j'ai tourné à droite, mais j'aurais pu continuer tout droit ou aller à gauche ; et si je ne l'ai pas fait, c'est parce que j'ai choisi de ne le pas faire, au profit d'autre chose. Quand nous agissons donc, nous décidons quelle possibilité nous allons faire être ; autant dire qu'avant d'agir, nous examinons les divers motifs » en présence, que nous les comparons ; et c'est en fonction d'une telle comparaison que nous nous décidons. Si j'ai tourné à gauche ce matin, c'est parce que j'avais davantage de raisons de le faire que de motifs de prendre à droite ; il n'en demeure pas moins que cette possibilité autre, qui maintenant n'est plus possible, l'était au moment du choix ; bref, si nous l'avions voulu, nous aurions pu autrement faire ». De là découle une seconde preuve, qui vient compléter la première si nous étions le jouet de la fatalité, si nous agissions sans jamais choisir nos actes, il s'ensuivrait que nous serions en toute chose innocents de tout reproche, puisque quelles qu'en soient les conséquences, nous ne porterions pas la responsabilité de nos actions n'ayant pas choisi de faire ceci plutôt que cela, je ne saurais être tenu pour responsable de cet acte même. La responsabilité suppose la liberté de choix ; et c'est parce que je me sais responsable de mes actes que je suis accessible au regret », et au remords ». Il serait absurde de regretter que la somme des angles d'un triangle ne fasse pas autre chose que cent quatre-vingt degrés ce qui est, et est nécessairement, cela ne peut être la source du moindre regret. En d'autres termes, on ne saurait regretter ce qui ne pouvait pas être autrement qu'il n'a été » le sentiment d'avoir mal agi par ignorance ou par imprévoyance, la conviction d'avoir eu tort et de s'être trompé, impliquent la possibilité du choix, c'est-à-dire impliquent que nos actes soient eux-mêmes contingents ils auraient pu ne pas être et non nécessaires – au sens logique de la nécessité est nécessaire, précisément, ce qui ne peut pas ne pas être. Par conséquent, l'expérience du remords ou du regret suppose la contingence de nos actions, c'est-à-dire qu'elle suppose la réalité du choix. C'est parce que je l'ai choisie que cette action a eu lieu si je m'étais décidé pour une autre possibilité, cet acte qu'à présent je me reproche n'aurait jamais existé, il serait demeuré un pur possible sans réalité aucune. Car enfin, si toutes les actions que nous avons accomplies ne pouvaient pas ne pas s'accomplir », qu'aurions-nous à nous reprocher ? En ce cas, nous n'éprouverions nulle douleur à l'égard d'un passé que nous savons coupable. La conséquence est aisée à tirer quand il s'agit de déterminer si nous sommes libres ou non, il est un fait » comme tel indiscutable », c'est que notre conscience morale témoigne » de notre liberté. Eu égard au problème de la liberté, le témoignage de notre conscience est donc double d'une part, avant d'agir, nous examinons les différentes possibilités qui se présentent à nous, nous soupesons les motifs d'en choisir une plutôt qu'une autre, puis nous décidons en conscience d'élire un possible et de le réaliser dans nos actes tourner à droite, c'est avoir eu la possibilité de tourner à gauche et l'avoir délaissée, c'est-à-dire avoir refusé de la faire être. Ce que j'ai fait, j'ai donc choisi librement de le faire, précisément parce que j'aurais pu, si je l'avais voulu, faire tout autre chose ; en d'autres termes, notre conscience témoigne que notre volonté est bien au principe de nos actions, c'est-à-dire que c'est nous qui décidons de nos actes volontaires. Il existe bien des actes que nous ne choisissons pas de faire cependant les réflexes d'abord, et ensuite tout ce que nous faisons sans y penser par habitude. Mais justement ces actes sont qualitativement distincts de ceux où je me suis posé la question de savoir ce que je devais faire avant même de le faire ; et si je délibère en moi-même avant d'agir, si je choisis mon acte parmi d'autres actes possibles, c'est donc que j'agis librement. D'autre part, après l'action elle-même, notre conscience nous apporte à nouveau le témoignage de notre liberté lorsque par ignorance des conséquences ou méconnaissance des circonstances précises, j'ai agi d'une façon telle que j'aurais fait un autre choix, si j'avais su au moment de me décider ce qui allait s'ensuivre, alors je le regrette. Je regrette la possibilité que j'ai choisie, je regrette mon acte lui-même ; mais le remords serait privé de toute signification et de tout sens, si j'avais agi sous le coup de la contrainte, ou de la nécessité. Ainsi, si je saisis un objet trop chaud, et que je me brûle, je peux fort bien regretter d'avoir posé ma main dessus si j'avais su qu'il était brûlant, j'aurais attendu un peu ; mais il n'y a aucun sens à regretter qu'un objet très chaud soit brûlant, parce que c'est là chose nécessaire. On ne regrette jamais que les actes dont on aurait pu s'empêcher ; autant dire que l'expérience du remords elle-même témoigne, là encore, de notre liberté. b Car enfin, que se passe-t-il en nous, quand nous expérimentons la morsure de la mauvaise conscience ? Faire l'expérience du remords, c'est faire l'expérience d'un passé qui ne passe pas, et qui n'est même que trop présent je voudrais ne pas avoir fait ce que j'ai fait, et il n'est pas en mon pouvoir de changer ce passé qui à présent n'est plus et que je n'arrive pourtant pas à oublier. Si j'avais su, je m'y serais pris autrement, mais maintenant il est trop tard ce n'est qu'à présent que je vois les conséquences d'un acte qui a déjà eu lieu, et je ne saurais revenir en arrière pour l'effacer. Pour douloureuse qu'elle soit, cette expérience témoigne cependant de notre liberté j'ai fait un choix qu'à présent je sais malheureux, et je me reproche ma propre stupidité – cela présuppose que j'aurais pu agir autrement, qu'il ne tenait qu'à moi d'étudier plus à fond les conséquences possibles de mon acte on ne saurait déplorer que ce qui aurait pu ne pas être, c'est-à-dire le contingent ; et si nos actes sont contingents, si nos actions auraient pu être autrement qu'elles n'ont été, cela prouve assez que nous avons choisi de les faire être notre responsabilité témoigne que nous sommes libres, et réciproquement, notre liberté nous avertit que nous sommes responsables de nos actes. c De fait alors, le remords et le regret demeureraient inexplicables si nous n'étions pas libres. Car enfin on l'a dit, ces expériences sont douloureuses, et nous faisons généralement tout pour les éviter, par exemple en nous inventant toutes les excuses possibles, ou en tentant de nous faire croire sans jamais y parvenir que nous n'étions pas libre d'agir comme nous l'avons fait, qu'en fait nous n'avions pas le choix. Si malgré tout nous sommes pris de remords en faisant notre examen de conscience, c'est que nous savons pertinemment que nous sommes ce que nous avons choisi d'être, que nous ne pouvons nous en vouloir que dans l'exacte mesure où il ne dépendait que de nous d'agir autrement. Si nous n'étions pas libres, si nous ne décidions de rien, comme l'animal qui en toutes choses suit ce que son instinct commande, alors nous n'éprouverions pas la morsure de la mauvaise conscience – comme le disait déjà Hegel, les animaux vivent en paix avec eux-mêmes » n'étant pas libres, ils ne sont pas responsables de leurs actes, et ne sauraient se les reprocher. 3. Ce que nous a démontré ce texte, c'est qu'il y avait un rapport indubitable entre l'expérience du choix, celle du remords, et l'affirmation de notre liberté d'une double façon, notre conscience vient témoigner que nous sommes libres. Mais quel crédit faut-il apporter à ce témoignage ? Suffit-il d'avoir, de l'intérieur de nous, le sentiment de la liberté, pour ne pas être déterminés à agir comme nous agissons ? Car enfin, il se pourrait après tout que ce témoignage soit trompeur, précisément de même qu'il ne suffit pas que je pense une proposition vraie pour qu'elle le soit effectivement, de même, le témoignage de notre conscience, qui est bien un fait, pourrait en fait nous induire en erreur. La question se pose alors dans quelle mesure faut-il accorder crédit au sentiment de notre liberté ? Des deux arguments défendus par Bergson, c'est le premier qui semble le plus contestable. Qu'on songe seulement ici à Spinoza, selon lequel notre impression de liberté provient seulement d'une méconnaissance des causes qui nous déterminent. Si une pierre tournant en orbite avait conscience de son existence, elle se figurerait sans doute que c'est par ses propres forces qu'elle se meut, et qu'elle ne tourne que parce qu'elle a décidé de tourner. L'argument est repris et développé par Schopenhauer, et l'idée est la suivante il n'y a en fait jamais de choix avant l'action. Je tourne à droite ; c'est après coup, une fois ce mouvement effectué, que je me figure que je suis libre, parce que j'aurais pu tourner à gauche. J'aurais pu, mais précisément je ne l'ai pas fait, parce que les motifs opposés avaient sur ma volonté beaucoup trop d'emprise. Le sentiment de la liberté est donc une illusion rétrospective, qui provient de la méconnaissance des motifs qui nous déterminent. Si nous avions conscience de toutes les causes qui agissent sur notre volonté, alors nous saurions que nous ne sommes pas plus libres de tourner à gauche, que la pierre n'est libre de tomber quand on la lâche comme l'affirme Spinoza, l'homme n'est pas un empire dans un empire », c'est-à-dire une enclave de contingence dans une nature où ne règne partout que la nécessité. Quant au second argument, on pourrait après tout lui opposer que le remords est peut-être un sentiment absurde, que la mauvaise conscience est une épreuve reposant sur l'illusion que nous avons d'être libres, et que la connaissance de la nécessité qui nous détermine par avance à agir comme nous agissons nous délivrerait enfin des cruelles morsures du regret. Mais cette thèse elle-même se retourne l'affirmation selon laquelle tout est par avance déterminé était nommée par Leibniz l'argument paresseux », précisément parce qu'il nous permet de paresser, c'est-à-dire de s'excuser par avance de toute responsabilité. Et si nous doutions de notre liberté, justement parce que nous ne voulons pas en porter le poids ? Sans doute faut-il ici suivre Kant, qui fait de la liberté un postulat de la moralité, c'est-à-dire de la raison pratique nous ne saurons jamais si nous sommes libres, puisque connaître, c'est connaître les causes, et que la liberté, c'est justement de ne pas être causé à agir comme j'agis. Mais si le problème est indécidable du point de vue de la connaissance, il demeure certain que sans liberté, il n'y a pas de responsabilité possible, et partant que l'exigence morale est elle-même vidée de tout contenu si je ne suis pas libre, alors je ne suis responsable de rien, et le commandement moral qui m'ordonne de faire le bien demeure sans effet, puisqu'il n'est pas en mon pouvoir de faire autre chose que ce que je fais. Du point de vue pratique ou moral donc, la liberté est un postulat ou une exigence nous ne pouvons pas nous contenter du témoignage de notre conscience, la liberté demeure indécidable ; mais du coup, il nous faut agir comme si nous étions libres, et faire ce que la loi morale ordonne, c'est-à-dire agir de telle façon que la maxime de notre action puisse être érigée en loi universelle de la nature. Comme le disait Marc-Aurèle, quand bien même tout serait soumis à la nécessité, Qu'attends-tu pour être libre ? » La liberté ne se prouve pas plus qu'elle ne s'éprouve, elle est une exigence agis comme si tu étais libre, et tu le seras.
Bergson une philosophie rationaliste et cartésienneTable des Matières1 Bergson une philosophie rationaliste et cartésienne2 L’intuition de Bergson 3 Bergson et la vie intérieure durée, liberté, mémoire4 Bergson et l’élan vital 5 Bergson, la Morale, la religion et l'art Hostile au positivisme matérialiste, Henri Bergson, philosophe vitaliste français, a opéré un retour aux données immédiates de la conscience, à une durée » pure et qualitative. L’intuition de Bergson L’influence de Bergson fut considérable. A la fin du XIXe siècle et durant la première moitié du XXe siècle, il remit en question à la fois les philosophies intellectualistes, qui prétendaient accéder au réel par l’exercice de l’intelligence, et les solutions scientistes », selon lesquelles la seule connaissance valable serait celle que procurent les sciences. Or, comment l’intelligence pourrait-elle nous faire saisir le réel ? – C’est dans le moule de l’action qu’elle a été coulée. – Elle ne désigne pas originellement une faculté purement spéculative, mais une puissance active. – Envisagée dans ce qui paraît en être la démarche première, elle consiste à fabriquer des objets artificiels et à en varier la fabrication. – Homo Faber homme fabricateur avant d’être Homo Sapiens homme sage, l’être humain s’est d’abord efforcé de dominer la nature et de la faire servir à ses usages. Aussi l’intelligence permet-elle de prévoir et d’organiser utilement l’action. – Mais quand un philosophe se propose de pénétrer l’Absolu ce qui est parfait en ce qu’il est parfaitement ce qu’il est, ce qui ne dépend d’aucun symbole relatif, ne doit-il pas prendre une autre voie et tenter de s’abstraire de méthodes et d’approches essentiellement adaptées au monde de l’action ? ex l’analyse, opération ramenant l’objet à des éléments déjà connus, la recomposition… – La science s’est appuyée sur l’intelligence et a appliqué à la matière des procédés de calcul et de mesure. – Ce faisant, elle a construit des schémas utiles et s’est prolongée en une pratique, mais elle n’a pas dépassée la sphère du relatif. – Elle a édifié des lois scientifiques, c’est-à-dire des relations constantes entre des grandeurs qui varient, sans évidemment, pénétrer l’Absolu. Par quelle voie peut-on espérer atteindre l’Absolu ? – Il faut répudier non seulement l’intelligence, mais le langage, qui lui est intimement lié. – Instrument de l’intelligence, le langage représente un ensemble de signes verbaux ne notant des choses que leur aspect le plus commun et le plus banal, signes fixant et figeant ce qui change et varie. – Les signes linguistiques ne sont que des étiquettes collées sur les choses. – Les mots désignent des genres, des idées générales correspondant à un groupe d’êtres présentant des caractères communs. Ils ne peuvent exprimer ni le réel objectif ni notre psychisme profond comme l’intelligence, ce sont des instruments d’action. Dès lors, la voir de l’immédiateté ne possède-t-elle pas un privilège par rapport à celles du concept, du discours et de l’intelligence discursive ? – Par un mode de connaissance immédiat, direct, par une sympathie nous faisant coïncider avec ce que l’objet a d’unique et d’inexprimable, en un mot par une intuition, nous pénétrons l’être profond du réel. – L’intuition représente un retour vers soi-même et vers ce que nous sommes authentiquement, retour s’effectuant sans intermédiaires. Bergson et la vie intérieure durée, liberté, mémoire C’est la vie intérieure que l’intuition va d’abord nous permettre de découvrir. Et, en effet, la connaissance intuitive nous fait retrouver la durée pure, forme que prennent nos états de conscience quand notre moi se laisse vivre, quand il s’abstient d’établir une séparation entre l’état présent et les états antérieurs. – Déroulement fluide, hétérogénéité pure, fusion qualitative, la durée représente l’étoffe même de notre moi. – Un devenir ininterrompu, souple et qualitatif, voilà ce que nous dévoile une investigation métaphysique s’appuyant sur l’intuition. Or, ce devenir qualitatif est toujours imprévisible. Car le moi fondamental, celui que nous révèlent les données immédiates de la conscience », est liberté. – Si le moi superficiel, la partie de notre psychisme modelée par les conventions et la société, se ramène, bien souvent, à une suite d’automatisme, notre vie intérieure authentique, notre durée, sont en profondeur, liberté. Quand sommes-nous libres ? – Quand nous dépassons la croûte superficielle du signe linguistique, des mots, du social, quand nos actes émanent de notre personnalité toute entière et l’exprime. – La liberté s’expérimente au contact de notre moi profond, par un accord réel avec lui. – C’est alors le moi d’en bas qui remonte à la surface. La liberté ne fait qu’un avec le jaillissement du moi profond. Enfin, notre vie intérieure est mémoire. Ici, prend place la distinction célèbre des deux mémoires. – Il y a une mémoire-habitude, faite d’automatismes et de mécanismes moteurs quand j’apprends un texte par cœur, j’accomplis et je répète un certain nombre de gestes connus ; la mémoire-habitude désigne un véritable mécanisme corporel. – Par opposition à ces automatismes, la mémoire pure est celle de mon histoire le passé survit alors en moi, sous forme de souvenirs purs, inaltérables, indépendants du corps. La mémoire pure contient notre passé et elle représente notre essence spirituelle authentique. Bergson et l’élan vital L’intuition nous ouvre, non seulement à notre dynamisme spirituel, mais aussi à la durée de l’univers et au grand souffle de la vie. De même que notre expérience intérieure est faite de durée et de changements qualitatifs, de même qu’elle est tissée par des fils qui se développent sans cesse, de même la réalité est devenir et évolution. Mais comment comprendre cette évolution ? – Bergson récuse aussi bien les doctrines et postulats mécanistes de Darwin que le finalisme. – Dans le premier cas mécanisme, l’explication psycho-chimique est censée suffire, mais le mécanisme est aveugle à la poussée du vivant, au temps, au dynamisme. Avec le mécanisme, tout est donné et l’élan de la vie est mis entre parenthèses. – Mais la doctrine finaliste qui renvoie à une intention et à un dessein s’actualisant au sein de la vie, met également le temps et le devenir créateur entre parenthèses elle fait, elle aussi, comme si tout était donné initialement, par avance. Une intention préformée expliquerait tout. Dès lors, c’est l’idée d’un élan originel qui s’offre à nous, les espèces vivantes ayant divergé à partir de cet élan. – L’élan vital désigne un processus créateur imprévisible, un courant traversant les corps qu’il organise. – Ainsi, cette impulsion originelle de création invente-t-elle des formes de plus en plus complexes. – Pour comprendre l’essence de cet élan vital, songeons à la durée pure, qui est spontanéité créatrice. – L’élan vital est lui aussi, invention il réalise des instincts nouveaux, des organes qui n’existaient pas, créant, grâce à sa spontanéité, des formes complexes et inattendues, que de simples combinaisons mécaniques ne sauraient expliquer. Ainsi, toutes les analyses de Bergson le conduisent à voir dans la vie un mouvement créateur et un effort pour remonter la pente que descend la matière. Bergson, la Morale, la religion et l'art La même perspective dynamique éclaire les phénomènes moraux, religieux et artistiques. Est, ici, fondamental le terme ouvert » – Est ouvert » tout ensemble échappant à l’étouffement d’un cercle de règles rigides s’ouvrant à l’élan de la vie et de la création. – Ainsi, dans la morale ouverte, est à l’œuvre un élan spirituel. – Alors que la morale close désigne seulement un ensemble figé de prescriptions présentant un caractère obligatoire, de simples produits organisés de la société, la morale ouverte est dynamique elle exprime, non pas un système figé d’obligations sociales, mais une invention morale, un appel lié à une énergie spirituelle. – La morale ouverte du saint et du héros prend sa source dans un élan et une durée qui poussent en avant et ébranlent l’humanité. – De même, la religion dynamique, celle des grands mystiques, pénétrée d’un élan d’amour, transporte l’âme bien au-delà d’elle-même et dépasse ainsi infiniment la religion statique, invention de l’humanité pour se défendre et se prémunir contre l’idée dissolvante de la mort et assurer sa conservation. – La religion dynamique, saisie d’un contact avec la durée créatrice, apparaît expérience immédiate, en l’âme mystique, du Divin et de Dieu. Enfin, comme la morale ouverte, comme la religion dynamique, l’art authentique désigne une coïncidence immédiate avec le réel, un dévoilement de la réalité même, une vision directe de ce qui est, au-delà des symboles pratiquement utiles. Si la voix et la philosophie de Bergson ne se fait pas toujours entendre dans la culture et le monde contemporains, néanmoins, sa philosophie, d’inspiration mystique, a éclairé, en une prose limpide, de profonds dynamismes spirituels et renvoie à une expérience métaphysique intégrale. Qu’est-ce, dans cette perspective, que philosopher ? Se placer dans l’objet même par un effort d’intuition et coïncider avec lui. Oeuvres de Bergson D’Henri Bergson, philosophe français, il faut citer essentiellement Essai sur les données immédiates de la conscience 1889 Matière et mémoire 1896 Le Rire 1900 L’évolution créatrice 1907 L’énergie spirituelle 1919 Les deux sources de la morale et de la religion 1932 La Pensée et le Mouvant 1934 Pour aller plus loin sur la philosophie de Bergson Citations de Bergson Bergson et le Rire
Les élèves de terminales bac général ont passé l'épreuve de philosophie ce lundi matin. Immédiatement, des profs ou des sites internet ont planché de leur côté. Voici quelques éléments de corrigé pour se rassurer ou au contraire se rendre compte qu'on s'est planté... Série LFrance 3 Lorraine a soumis les 3 sujets à William Schuman, professeur de philosophie, au lycée de la Communication de Metz 1. Le langage n'est-il qu'un outil ? Autre corrigé proposé par Le Monde. 2. La science se limite t'elle à constater les faits ? 3 Explication de la Lettre à Elisabeth, de René Descartes 1645 sur le rapport que "l'Homme" entretient avec "le Tout"Série économique ES1. Que devons-nous à l'Etat ?Série Scientifique S L'Express propose des corrigés synthétiques thèse, antithèse, synthèse pour les 3 sujets Peut-on agir moralement sans s'intéresser à la politique ? 2. Le travail permet-il de prendre conscience de soi ? partir d'un texte extrait de La Pensée et le mouvant, d'Henri Bergson 1934, répondre à la question "Qu'est-ce qu'un jugement vrai ?" Sur BFMTV, Robin Galhac, professeur de philosophie, donne quelques clés pour savoir si on a réussi ou non cette épreuve de philo. fr3r_https_disabled videobfmtv Luc Ferry, ancien ministre de l'Education Nationale et philosophe a également donné une interview au Figaro sur les sujets du bac philo 2013. Il donne quelques éléments de corrigé. fr3r_https_disabled corrigé luc ferry Le philosophe Raphaël Enthoven a également donné, sur RTL, quelques pistes sur trois des sujets proposés lundi matin aux candidats du baccalauréat général. enthoven rtl Résultats du bac 2013 avec Francetv infoPour connaître les résultats le jour de la leur publication, inscrivez-vous à l’alerte de Francetv info. Il suffit de taper son e-mail et vous serez les premiers à avoir accès aux résultats dès qu'il seront disponibles.
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Résumés L'article se propose d'étudier le rôle important que Bergson fait jouer à la notion de virtuel » dans la théorie de la perception pure » exposée dans le premier chapitre de Matière et mémoire. Cette théorie fait en effet intervenir successivement les concepts de perception virtuelle », d' action virtuelle », d' image virtuelle ». Malgré les similarités qui apparaissent entre les mécanismes de la perception et de la mémoire qui s'ordonnent toutes deux autour de la sélection, décrite comme une actualisation, d'éléments préalablement donnés images ou souvenirs, la fonction du virtuel apparaît différente ; il faut donc conclure qu'il ne constitue pas un concept unifié et cohérent, d'autant plus que Bergson emploie également ce terme pour caractériser des systèmes philosophiques ou scientifiques dont il cherche à se démarquer. The article proposes to study Bergson's important contribution to the concept of virtual’ in the theory of pure perception’ laid out in the first chapter of Matter and Memory. The theory actually brings into play the concepts of virtual perception’, virtual action’, virtual image’ successively. Despite the similarities that can be detected between the mechanisms of perception and memory that are both organized by selection, described as an actualization of previously given elements images or memories, the function of the virtual appears different; we must therefore conclude that virtuality does not constitute a unified and coherent concept, all the more so as Bergson also uses this term to characterize philosophical or scientific systems which he seeks to differentiate himself de page Entrées d’index Haut de page Bibliographie Beaufret, Jean 1984, Notes sur la philosophie en France au XIXe siècle, Paris, Vrin. 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Haut de page Notes 1 … le même auteur qui récuse le concept de possibilité... est aussi celui qui porte au plus haut point la notion de virtuel, et fonde sur elle toute une philosophie de la mémoire et de la vie », Gilles Deleuze 2011, Le Bergsonisme, Paris, PUF, p. 37. Pour Deleuze le terme a une signification ontologique, il désigne l'être du passé et de la durée en d'autres termes, le subjectif ou la durée, c'est le virtuel », Gilles Deleuze 2011, Le Bergsonisme, p. 36. Selon Camille Riquier, l'importance que Deleuze attache à l'ontologie du virtuel s'explique par les orientations de sa propre philosophie, voir Camille Riquier 2008, Bergson d'après Deleuze », Critique, 2008/5 n° 732, p. 361. Voir également Melanie Sehgal 2005, 'Die Zeit ist Erfindung'. Das Virtuelle und das Neue bei Henri Bergson », XX. Deutscher Kongress für Philosophie September 2005 in Berlin Sektionsbeiträge, Hrsg. von Günter Abel, Universität Berlin Verlag, Bd. 1, p. 823-835. 2 Or, nous l'avons montré, la perception pure, qui serait le plus bas degré de l'esprit – l'esprit sans la mémoire – ferait véritablement partie de la matière telle que nous l'entendons. », Henri Bergson 2012, Matière et mémoire, Paris, PUF, p. 250. 3 Ces plans ne sont pas donnés, d'ailleurs, comme des choses toutes faites, superposées les unes aux autres. Ils existent plutôt virtuellement, de cette existence qui est propre aux choses de l'esprit. », Henri Bergson 2012, Matière et mémoire, p. 272. 4 Henri Bergson 2012, Matière et mémoire, p. 76. 5 Le chapitre 3 explique la formation de ce présupposé en observant que les objets matériels comportent des facettes masquées à la conscience car l'objet matériel, justement en raison de la multiplicité des éléments inaperçus qui le rattachent à tous les autres objets, nous paraît renfermer en lui et cacher derrière lui infiniment plus que ce qu'il nous laisse voir. », Henri Bergson 2012, Matière et mémoire, p. 163-164. 6 Henri Bergson 2009, L'intuition philosophique », La pensée et le mouvant, Paris, PUF, p. 127. Comme Berkeley, Bergson exclut résolument le fantôme d'une matière occulte ou neutre sans rapport avec notre conscience. », Vladimir Jankelevitch 1959, Henri Bergson, Paris, PUF, p. 34-35. 7 Expression employée par Leibniz, voir infra, note 74. 8 Henri Bergson 2009, L'énergie spirituelle, Paris, PUF, p. 194. Voir également Mais le réalisme consiste précisément à rejeter cette prétention, à tenir pour artificielles ou relatives les lignes de séparation que notre représentation trace entre les choses, à supposer au-dessous d'elles un système d'actions réciproques et de virtualités enchevêtrées, enfin à définir l'objet, non plus par son entrée dans notre représentation, mais par sa solidarité avec le tout d'une réalité inconnaissable en elle-même. », Henri Bergson 2009, L'énergie spirituelle, p. 202. 9 Henri Bergson 2012, Matière et mémoire, p. 73. Voir le commentaire d'Henri Gouhier Pour le physicien, la même cause produit toujours le même effet ; le déterminisme se comprend par la préformation que l'effet existe réellement ou idéalement dans la cause, qu'il y soit préformé à la façon d'un théorème, dans une définition ou d'une possibilité dans un projet, on suppose toujours l'avenir déjà donné dans le présent. », Henri Gouhier 1989, Bergson dans l'histoire de la pensée occidentale, Paris, Vrin, p. 45. 10 Henri Bergson 2007, Essai sur les données immédiates de la conscience, Paris, PUF, p. 153-154. 11 Tout comme plusieurs effets sont virtuellement virtute dans la cause, les conclusions sont virtuellement dans le principe et les membres dans la semence », Thomas d'Aquin 1972, Quaestiones disputae De veritate, q. 18 a. 4, éd. léonine, t. XXII, vol. Rome, p. 581, je traduis. Thomas d'Aquin enrichit le champ sémantique de l'adjectif virtualis en introduisant un mode de contact spécifique entre l'esprit et la matière, le contact virtuel » tactus virtualis, par opposition au contactus corporalis, par lequel Dieu agit sur les créatures Il y a deux espèces de contact le contact corporel qui fait que deux corps se touchent; et le contact virtuel; ainsi dit-on qu'un objet attristant touche » celui qui s'en afflige. Dieu qui est incorporel ne touche pas et n'est pas touché. Mais sous le rapport du contact virtuel, il touche les créatures en les faisant se mouvoir » Thomas d'Aquin 1984, Somme théologique, I, question 105, trad. Roguet, Les éditions du Cerf, p. 856. Mais c'est également par contact virtuel que les démons agissent dans le monde Il faut dire qu'entre le démon et le corps, il n'y a pas contact corporel mais virtuel », Thomas d'Aquin 1875, Quaestiones disputatae, De malo, q. 16 a. 10, éd. Vivès, t. XXIII, Paris, p. 611, je traduis. 12 Henri Bergson 2009, Le possible et le réel », La pensée et le mouvant, Paris, PUF, p. 112. 13 Déjà analysée dans Henri Bergson 2007, Essai sur les données immédiates de la conscience, p. 153. Voir également ici la critique de l'antériorité illusoire du possible dans la première introduction de La pensée et le mouvant notre logique habituelle est une logique de rétrospection. Elle ne peut pas ne pas rejeter dans le passé, à l'état de possibilités ou de virtualités, les réalités actuelles, de sorte que ce qui est composé maintenant doit, à ses yeux, l'avoir été toujours. », Henri Bergson 2009, La pensée et le mouvant, p. 19. 14 Seconde partie de l'introduction de La pensée et le mouvant, Henri Bergson 2009, La pensée et le mouvant, p. 51. 15 Henri Bergson 2009, La pensée et le mouvant, p. 112. Voir également Le possible est donc le mirage du présent dans le passé. [...] C'est comme si l'on se figurait, en apercevant son image dans le miroir devant lequel on est venu se placer, qu'on aurait pu la toucher si l'on était resté derrière », Henri Bergson 2009, La pensée et le mouvant, p. 111. 16 Henri Bergson 2009, Durée et simultanéité, Paris, PUF, p. 167. L'expression temps fictifs» figure également dans la lettre à Lorentz d'avril 1924 ...il n'y a de Temps réel que dans le système choisi, où siège alors un observateur réel prenant effectivement des mesures ; tous les autres sont des Temps fictifs, que sont simplement censés mesurer des observateurs fictifs et des instruments fictifs. », Henri Bergson 2011, Écrits philosophiques, Paris, PUF, p. 558. 17 Dans la longue note de l'introduction de La pensée et le mouvant consacrée à la théorie de la relativité Bergson utilise l'expression physiciens virtuels », Henri Bergson 2009, La pensée et le mouvant, p. 38. 18 ...l'essence de la théorie de la Relativité est de mettre sur le même rang la vision réelle et les visions virtuelles. », Henri Bergson 2009, Durée et simultanéité, p. 171. Selon Elie During, Bergson introduit une distinction capitale entre les temps 'réels' susceptibles de coïncider avec le flux d'une conscience située au voisinage des processus correspondants et temps 'fictifs' temps reconstruits, objets de mesures indirectes. », Elie During 2007, Bergson et la métaphysique relativiste », Annales bergsoniennes III, Bergson et la science, Paris, PUF, p. 267. 19 Henri Bergson 2009, Durée et simultanéité, p. 66. 20 Henri Bergson 2009, Durée et simultanéité, p. 74. 21 Par exemple encore nous mélangeons souvenir et perception ; mais nous ne savons pas reconnaître ce qui revient à la perception et ce qui revient au souvenir, nous ne distinguons plus dans la représentation les deux présences pures de la matière et de la mémoire... », Gilles Deleuze 2011, Le Bergsonisme, p. 12. 22 Henri Bergson 2012, Matière et mémoire, p. 250. 23 Mais cette perception qui coïncide avec son objet, ajoutions-nous, existe en droit plutôt qu'en fait elle aurait lieu dans l'instantané. », Henri Bergson 2012, Matière et mémoire, p. 246. 24 Or, si toute perception concrète, si courte qu'on la suppose, est déjà la synthèse, par la mémoire, d'une infinité de 'perceptions pures' qui se succèdent, ne doit-on pas penser que l'hétérogénéité des qualités sensibles tient à leur contraction dans notre mémoire, l'homogénéité relative des changements objectifs à leur relâchement naturel ? », Henri Bergson 2012, Matière et mémoire, p. 203. Voir également Il ne faut donc voir dans ce qui va suivre qu'un exposé schématique, et nous demanderons qu'on entende provisoirement par perception non pas ma perception concrète et complexe, celle que gonflent mes souvenirs et qui offre toujours une certaine épaisseur de durée, mais la perception pure, une perception qui existe en droit plutôt qu'en fait... », Henri Bergson 2012, Matière et mémoire, p. 31. Comme le souligne Frédéric Worms ce qui est écarté en effet, ce n'est pas seulement la mémoire comme contenu passé, mais la mémoire comme acte dans le présent. », Frédéric Worms 1995, Introduction à Matière et mémoire, Paris, PUF, p. 52. 25 Frédéric Worms 1995, Introduction, p. 54. 26 La matière se résout ainsi en ébranlements sans nombre, tous liés dans une continuité ininterrompue, tous solidaires entre eux, et qui courent en tous sens comme autant de frissons. », Henri Bergson 2012, Matière et mémoire, p. 234. La seconde partie de l'introduction de La pensée et le mouvant évoque le champ immense des fréquences », Henri Bergson 2009, La pensée et le mouvant, p. 61. Gilles Deleuze interprète les images comme des figures de lumière » L'identité de l'image et du mouvement a pour raison l'identité de la matière et de la lumière. », Gilles Deleuze 1983, Cinéma. 1, L'image-mouvement, Paris, Éditions de Minuit, p. 88. 27 Henri Bergson 2012, Matière et mémoire, p. 19-20. 28 Henri Bergson 2012, Matière et mémoire, p. 221. 29 S'il y a d'ailleurs une vérité que la science ait mise au-dessus de toute contestation, c'est celle d'une action réciproque de toutes les parties de la matière les unes sur les autres. Entre les molécules supposées des corps s'exercent des forces attractives et répulsives. L'influence de la gravitation s'étend à travers les espaces interplanétaires. Quelque chose existe donc entre les atomes. », Henri Bergson 2012, Matière et mémoire, p. 224. 30 C'est parce que les éléments de l'univers physique sont en interaction universelle qu'ils se distinguent de la spatialité purement géométrique la spatialité parfaite consisterait en une parfaite extériorité des parties les unes par rapport aux autres, c'est-à-dire en une indépendance réciproque complète. Or, il n'y a pas de point matériel qui n'agisse sur n'importe quel autre point matériel. », Henri Bergson 2007, L'évolution créatrice, Paris, PUF, p. 204. Voir également ...le plus petit grain de poussière est solidaire de notre système solaire tout entier », Henri Bergson 2007, L'évolution créatrice, p. 271. 31 Toute division de la matière en corps indépendants aux contours absolument déterminés est une division artificielle. », Henri Bergson 2012, Matière et mémoire, p. 220. 32 Dans une note de L'évolution créatrice, Bergson se réfère à L'évolution de la mécanique de Pierre Duhem, pour qui la mécanique est dépassée par la thermodynamique, Henri Bergson 2007, L'évolution créatrice, p. 243. 33 Henri Bergson 2007, L'évolution créatrice, p. 187. 34 Henri Bergson 2012, Matière et mémoire, p. 36. 35 Frédéric Worms 1995, Introduction, p. 53. 36 Selon Bergson, la perception qui est la fonction par laquelle nous communiquons directement avec le réel, ne peut se comprendre elle-même que sur un fond d'inter-communication panique. Elle suppose, comme l'avait pressenti Leibniz, que l'univers entier est présent en chacun de ses points, c'est-à-dire qu'un rayonnement universel issu de partout, atteint tous les points par lesquels il ne cesse de passer, chacun s'éveillant ainsi à une perception infiniment vaste de l'ensemble. », Jean Beaufret 1984, Notes sur la philosophie en France au XIXe siècle, Paris, Vrin, p. 93-94. 37 Mais je le répète, jusqu'où s'étend le virtuel ? Notre esprit perçoit-il virtuellement la totalité de la matière comme le voulait Leibniz ? ou bien la perception dans laquelle nos sens opèrent une sélection, ne comprend-elle que les choses et éléments qui forment un système indivisé avec ce que nous percevons actuellement l'univers matériel ne formant peut-être pas un seul et unique système ? », Henri Bergson 2012, Matière et mémoire, p. 465. 38 ...la vision qu'on a appelée toucher à distance, a été faite pour préparer et faciliter notre action sur les choses ; mais la nature n'a pu obtenir la vision que par un mécanisme dont l'effet dépassait énormément son objet, puisque nous voyons les étoiles », lettre à E. Meyerson 6 juin 1931, Henri Bergson 2011, Écrits philosophiques, p. 826. Voir infra, note 72. 39 Henri Bergson 2012, Matière et mémoire, p. 160. 40 Première conférence sur la perception du changement », Henri Bergson 1972, Mélanges, textes publiés et annotés par André Robinet, Paris, PUF, p. 888. 41 Henri Bergson 2009, L'énergie spirituelle, p. 77-78. 42 Pierre Maine de Biran 1990, Exposition du système de Leibniz », Oeuvres XI,1 Commentaires et marginalia dix-septième siècle, éd. Christiane Frémont, Paris, Vrin, p. 170. Voir également J'aime bien cette idée de Leibniz que l'âme a le sentiment confus de chacun de ses rapports avec les différents êtres de l'univers », Pierre Maine de Biran 1990, Oeuvres XI,1, p. 174. Voir Marc Parmentier 2016, Maine de Biran, Leibniz et le virtuel », Methodos 16 ; DOI Sur les rapports entre Maine de Biran et Bergson voir Henri Gouhier 1980, Maine de Biran et Bergson », Études sur l'histoire des idées en France depuis le XVIIe siècle, Paris, Vrin. 43 Jules Lachelier 1993, Du fondement de l'induction, introduction et commentaires de Thierry Leterre, Paris, Pocket, p. 95. Au sujet de Jules Lachelier, Bergson écrit Je lui avais voué dès ma première jeunesse, et lui ai conservé à travers toute ma carrière, une admiration fervente en même temps qu'une profonde reconnaissance. J'étais encore sur les bancs du collège, en effet, quand je lus la thèse sur Le Fondement de l'induction... », lettre à Xavier Leon 28 mai 1932, Henri Bergson 2011, Écrits philosophiques, p. 659. 44 En particulier dans son Mémoire sur les perceptions obscures, discours prononcé en 1807 devant la Société médicale de Bergerac, Pierre Maine de Biran 1984, Oeuvres de Maine de Biran, éd. François Azouvi, Paris, Vrin, p. 11. 45 On peut dire que Dieu, qui connaît les rapports nécessaires d'un seul être avec toute la création, voit à la fois l'univers entier dans le dernier atome de la nature. De ce que tel être a des rapports nécessaires avec tout l'univers, on peut bien conclure que cet être représente virtuellement l'univers », Pierre Maine de Biran 1990, Oeuvres de Maine de Biran, tome XI-1, p. 146. 46 Composez l'univers avec des atomes dans chacun d'eux se font sentir, en qualité et en quantité, variables selon la distance, les actions exercées par tous les atomes de la matière. Avec des centres de force ? les lignes de force émises dans tous les sens par tous les centres dirigent sur chaque centre les influences du monde matériel tout entier. Avec des monades enfin ? chaque monade, comme le voulait Leibniz, est le miroir de l'univers. Tout le monde est donc d'accord sur ce point. », Henri Bergson 2012, Matière et mémoire, p. 36. 47 La Philosophie française », Henri Bergson 2011, Écrits philosophiques, p. 464-466. 48 Henri Bergson 1972, Mélanges, p. 412. Selon Jean Beaufret Ainsi la mémoire, exactement comme la perception, n'est que l'enveloppement virtuel de l'horizon actuel par un horizon plus large », Jean Beaufret 1984, Notes sur la philosophie, p. 97. 49 Nos perceptions, actuelles et virtuelles, s'étendent le long de deux lignes, l'une horizontale AB, qui contient tous les objets simultanés dans l'espace, l'autre verticale CI, sur laquelle se disposent nos souvenirs successifs échelonnés dans le temps. Le point I, intersection des deux lignes, est le seul qui soit donné actuellement à notre conscience. », Henri Bergson 2012, Matière et mémoire, p. 158. 50 Jean Hyppolite 1950, Le bergsonisme et l'existentialisme », Actas del Primer Congreso Nacional de Filosofía, Mendoza, Argentina, marzo-abril 1949, tomo 1, Universidad national de Cuyo, p. 447. 51 L'action permet de passer des images aux objets, un objet n'est qu'une image moyenne » relativement stable, Henri Bergson 2007, L'évolution créatrice, p. 302. 52 Henri Bergson 2012, Matière et mémoire, p. 261. 53 Au lieu de partir de l'affection, dont on ne peut rien dire puisqu'il n'y a aucune raison pour qu'elle soit ce qu'elle est plutôt que tout autre chose, nous partons de l'action, c'est-à-dire de la faculté que nous avons d'opérer des changements dans les choses, faculté attestée par la conscience et vers laquelle paraissent converger toutes les puissances du corps organisé. », Henri Bergson 2012, Matière et mémoire, p. 65. 54 Henri Bergson 2012, Matière et mémoire, p. 151-152. 55 Henri Bergson 2012, Matière et mémoire, p. 58. Comprenons, par exemple, que notre corps ne peut pas différer une sensation de douleur, que Bergson caractérise par ailleurs comme une action empêchée, un effort impuissant Telle est précisément la nature de la douleur, effort actuel de la partie lésée pour remettre les choses en place, effort local, isolé, et par là même condamné à l'insuccès dans un organisme qui n'est plus apte qu'aux effets d'ensemble. », Henri Bergson 2012, Matière et mémoire, p. 263. Plus généralement, une affection consiste en un effort actuel du corps sur lui-même. 56 Frédéric Worms 1995, Introduction, p. 31-32. 57 Henri Bergson 2012, Matière et mémoire, p. 35. 58 C'est donc le lieu de passage des mouvements reçus et renvoyés, le trait d'union entre les choses qui agissent sur moi et les choses sur lesquelles j'agis, le siège, en un mot, des phénomènes sensori-moteurs. », Henri Bergson 2012, Matière et mémoire, p. 169. 59 Henri Bergson 2012, Matière et mémoire, p. 199. 60 Nous disions que les corps bruts sont taillés dans l'étoffe de la nature par une perception dont les ciseaux suivent, en quelque sorte, le pointillé des lignes sur lesquelles l'action passerait. Mais le corps qui exercera cette action, le corps qui, avant d'accomplir des actions réelles, projette déjà sur la matière le dessin de ses actions virtuelles, le corps qui n'a qu'à braquer ses organes sensoriels sur le flux du réel pour le faire cristalliser en formes définies et créer ainsi tous les autres corps, le corps vivant enfin est-il un corps comme les autres ? », Henri Bergson 2007, L'évolution créatrice, p. 12. 61 L'actualité de notre perception consiste donc dans son activité, dans les mouvements qui la prolongent, et non dans sa plus grande intensité le passé n'est qu'idée, le présent est idéo-moteur. », Henri Bergson 2012, Matière et mémoire, p. 71. 62 Voir Frédéric Worms 1995, Introduction, p. 54. 63 Qu'est-ce à dire, sinon que ma perception dessine précisément dans l'ensemble des images, à la manière d'une ombre ou d'un reflet, les actions virtuelles ou possibles de mon corps ? », Henri Bergson 2012, Matière et mémoire, p. 16. Voir également La perception, entendue comme nous l'entendons, mesure notre action possible sur les choses et par là, inversement, l'action possible des choses sur nous. », Henri Bergson 2012, Matière et mémoire, p. 57. 64 Henri Bergson 2012, Matière et mémoire, p. 36. 65 En approfondissant ce point, on trouverait que la conscience est la lumière immanente à la zone d'actions possibles ou d'activité virtuelle qui entoure l'action effectivement accomplie par l'être vivant. Elle signifie hésitation ou choix. Là où beaucoup d'actions également possibles se dessinent sans aucune action réelle comme dans une délibération qui n'aboutit pas, la conscience est intense. Là où l'action réelle est la seule action possible comme dans l'activité du genre somnambulique ou plus généralement automatique, la conscience devient nulle. Représentation et connaissance n'en existent pas moins dans ce dernier cas, s'il est avéré qu'on y trouve un ensemble de mouvements systématisés dont le dernier est déjà préformé dans le premier, et que la conscience pourra d'ailleurs en jaillir au choc d'un obstacle. De ce point de vue, on définirait la conscience de l'être vivant une différence arithmétique entre l'activité virtuelle et l'activité réelle. Elle mesure l'écart entre la représentation et l'action. », Henri Bergson 2007, L'évolution créatrice, p. 145. 66 Ma croyance à un intervalle réel, et par suite à une distinction entre P et moi, n'est donc d'abord, au fond, qu'une distinction entre ce corps et mon corps, distinction uniquement relative à la perception tactile », lettre à Georges Lechalas, Henri Bergson 2012, Matière et mémoire, p. 461. 67 Henri Bergson 2007, L'évolution créatrice, p. 180. 68 Dans ses réflexions sur le possible, Bergson est loin, justement, de repousser tout usage de ce concept ; », Matthias Vollet 2007, Le cours de Bergson sur le De rerum origine radicali de Leibniz », Annales bergsoniennes III, Bergson et la science, Paris, PUF, p. 31. 69 Tout se passe comme si un large courant de conscience avait pénétré dans la matière, chargé, comme toute conscience, d'une multiplicité énorme de virtualités qui s'entrepénétraient. », Henri Bergson 2007, L'évolution créatrice, p. 182. Il s'agit d'un texte faisant référence à Matière et mémoire. 70 Car si ces corps ont pour objet de recevoir des excitations pour les élaborer en réactions imprévues, encore le choix de la réaction ne doit-il pas s'opérer au hasard. », Henri Bergson 2012, Matière et mémoire, p. 67. 71 Le paradoxe bergsonien consiste à tirer de la complexité croissante des réflexes nerveux, non pas une détermination nécessaire, mais au contraire une indétermination de nos actions, support biologique de notre liberté. », Frédéric Worms 1995, Introduction, p. 46. 72 ...par notre faculté de percevoir, et plus particulièrement de voir, nous rayonnons bien au-delà de notre corps nous allons jusqu'aux étoiles. », Henri Bergson 2009, L'énergie spirituelle, p. 30. 73 Henri Bergson 2009, La pensée et le mouvant, p. 61. 74 En effet, la force active se distingue de la puissance nue que connait d'ordinaire l'Ecole en ce que la puissance active ou faculté des scolastiques n'est rien d'autre que la possibilité proche de l'action, mais qui a toutefois besoin, pour passer à l'acte, d'une excitation étrangère, comme d'un aiguillon. Au contraire la force active comprend une sorte d'acte ou entelecheia ; elle est le milieu entre la faculté d'agir et l'action même et implique l'effort ; ainsi elle est portée par elle-même à l'action et n'a besoin, pour agir, d'aucune assistance, mais seulement de la suppression de l'obstacle. », Gottfried W. Leibniz 1978, De la réforme de la philosophie première et de la notion de substance », Opuscules philosophiques, trad. Paul Schrecker, Paris, Vrin, p. 81. 75 Henri Bergson 2012, Matière et mémoire, p. 76. 76 ...les configurations motrices du cerveau ne font donc pas que symboliser, elles esquissent des réactions du corps à son milieu, et en sélectionnent une qui sera son action effective », Frédéric Worms 1995, Introduction, p. 45. 77 Mais toute perception se prolonge en action naissante ; et à mesure que les images, une fois perçues, se fixent et s'alignent dans cette mémoire, les mouvements qui les continuaient modifient l'organisme, créent dans le corps des dispositions nouvelles à agir. », Henri Bergson 2012, Matière et mémoire, p. 86. 78 Céline Lefève 2003, Maine de Biran et Bergson. Science et philosophie. La question de la psychologie subjective, thèse de doctorat, Université de Paris VII, p. 737. 79 Pierre Maine de Biran 2000, Mémoire sur la décomposition de la pensée, éd. F. Azouvi, Paris, Vrin, p. 172. Nous pouvons également noter une analogie entre l'idée de mouvements naissants et l'hypothèse biranienne d'actions libres et volontaires naissant d'actions initialement instinctives et automatiques, voir Pierre Maine de Biran 2000, Mémoire sur la décomposition de la pensée p. 407. 80 Dans ses Institutions de physique, Emilie du Châtelet baptise force virtuelle » la force morte, qu'elle définit comme une simple tendance au mouvement », Emilie du Châtelet 1740, Institutions de physique, Paris, Prault, p. 399. 81 Le résumé de l'ouvrage renferme une explicitation de la notion d'action virtuelle mais ce qui s'explique par le cerveau dans nos perceptions, ce sont nos actions commencées, ou préparées, ou suggérées, ce ne sont pas nos perceptions mêmes. », Henri Bergson 2012, Matière et mémoire, p. 253. 82 Henri Bergson 2012, Matière et mémoire, p. 34-35. 83 Voir Gérard Simon 1996, De la reconstitution du passé scientifique », Sciences et savoirs aux XVIe et XVIIe siècles, Lille, Presses universitaires du Septentrion, p. 20-21. 84 Les expressions foyer virtuel » et image virtuelle » sont introduites par Claude Dechales, dans son Cursus seu Mundus mathematicus, Lyon, 1674. Il est remarquable que leurs définitions gomment toute référence à la subjectivité le foyer virtuel est défini comme le point d'où les rayons divergents semblent venir, et l'image virtuelle comme celle associée à un foyer virtuel. Voir Alan E. Shapiro 2008, Images Real and Virtual, Projected and Perceived, from Kepler to Dechales », Early Science and Medicine, 13, p. 302. 85 Henri Bergson 2012, Matière et mémoire, p. 59. 86 Mais ce dedans, loin d'être une intériorité qualitative et intensive est encore un espace physique, une extension. », Frédéric Worms 1995, Introduction, p. 69. Ceci s'accorde dans une certaine mesure avec l'Essai sur les données immédiates de la conscience qui associe à la réfraction une décomposition permettant de passer d'une multiplicité qualititave à une multiplicité quantitative Au-dessous de la durée homogène, symbole extensif de la durée vraie, une psychologie attentive démêle une durée dont les moments hétérogènes se pénètrent ; au-dessous de la multiplicité numérique des états conscients, une multiplicité qualitative ; au-dessous du moi aux états bien définis, un moi où succession implique fusion et organisation. Mais nous nous contentons le plus souvent du premier, c'est-à-dire de l'ombre du moi projetée dans l'espace homogène. La conscience, tourmentée d'un insatiable désir de distinguer, substitue le symbole à la réalité, ou n'aperçoit la réalité qu'à travers le symbole. Comme le moi ainsi réfracté, et par là même subdivisé, se prête infiniment mieux aux exigences de la vie sociale en général et du langage en particulier, elle le préfère, et perd peu à peu de vue le moi fondamental. », Henri Bergson 2007, Essai sur les données immédiates de la conscience, p. 95-96. 87 Henri Bergson 2012, Matière et mémoire, p. 56. 88 Lorsque la lumière passe d'un milieu plus réfringent dans un autre moins réfringent, par exemple du verre dans l'air, si l'angle d'incidence est tel qu'il produirait un angle de réfraction supérieur à 90 degrés, la réfraction se transforme en réflexion. 89 Frédéric Worms 1995, Introduction, p. 57. 90 Henri Bergson 2012, Matière et mémoire, p. 78. Voir également les centres perceptifs du cerveau étant les éclaireurs et les préparateurs de ces actions éventuelles et en dessinant intérieurement le plan, tout se passe comme si nos perceptions extérieures étaient construites par notre cerveau et projetées par lui dans l'espace. », Henri Bergson 2008, Les deux sources de la morale et de la religion, Paris, PUF, p. 275. 91 Henri Bergson 2012, Matière et mémoire, p. 15-16. Voir également … nous avons considéré le Corps vivant comme une espèce de centre d'où se réfléchit, sur les objets environnants, l'action que ces objets exercent sur lui en cette réflexion consiste la perception extérieure », Henri Bergson 2012, Matière et mémoire, p. 57 92 Dans sa réponse à l'article de W. B. Pitkin James et Bergson », celui-ci écrit Nos sens, braqués sur le monde matériel, y tracent des lignes de division qui sont autant de routes frayées à notre action future c’est notre action éventuelle qui nous est renvoyée par la matière comme par un miroir, quand nos yeux aperçoivent des objets aux contours bien nets et les distinguent ainsi les uns des autres. », Henri Bergson 2011, Écrits philosophiques, p. 386. Voir le commentaire de ce texte dans l'article de Iannis Prelorentzos 2008, Le problème de la délimitation des choses, des qualités et des états dans la continuité du tout de la réalité selon Bergson », Annales bergsoniennes IV, Paris, PUF. 93 Voir supra, note 66. 94 Henri Bergson 2009, La pensée et le mouvant, p. 74. Une remarque de L'évolution créatrice va dans le même sens Au lieu de nous attacher au devenir intérieur des choses, nous nous plaçons en dehors d'elles pour recomposer leur devenir artificiellement. Nous prenons des vues quasi instantanées sur la réalité qui passe, et, comme elles sont caractéristiques de cette réalité, il nous suffit de les enfiler le long d'un devenir abstrait, uniforme, invisible, situé au fond de l'appareil de la connaissance, pour imiter ce qu'il y a de caractéristique dans ce devenir lui-même. Perception, intellection, langage procèdent en général ainsi. », Henri Bergson 2007, L'évolution créatrice, p. 305. 95 Henri Bergson 2012, Matière et mémoire, p. 33-34. 96 Henri Bergson 2009, L'énergie spirituelle, p. 136. 97 Henri Bergson 2012, Matière et mémoire, p. 112. 98 Henri Bergson 2012, Matière et mémoire, p. 112-113. 99 Bergson compare l'esprit attentif à un télégraphiste qui, en recevant une dépêche importante, la réexpédie mot pour mot au lieu d'origine pour en contrôler l'exactitude », Henri Bergson 2012, Matière et mémoire, p. 111. 100 Selon Jean Beaufret, Bergson interprète donc la vie de l'esprit par rapport à deux virtualités symétriques, mais antagonistes, que neutralise partiellement une tension vitale dont le corps est l'organe ou l'instrument. », Jean Beaufret 1984, Notes sur la philosophie en France, p. 98-99. 101 Dans son Discours sur les lois de la communication du mouvement Jean Bernoulli introduit la vitesse virtuelle » pour définir la notion de force morte », Jean Bernoulli 1727, Discours sur les lois de la communication du mouvement qui a mérité les éloges de l'Académie Royale des Sciences aux années 1724 et 1726, Paris, Claude Jombert, p. 19. 102 Voir Marc Parmentier 2016, Maine de Biran, Leibniz et le virtuel », Methodos 16, 2016 ; DOI 103 le virtuel, grand équivoque dans l’économie des concepts de Bergson », Matthias Vollet 2008, La vitalisation de la tendance de Leibniz à Bergson », Annales bergsoniennes IV, Paris, PUF, p. 289. 104 Voir supra, note 3. 105 C'est ainsi que les idées et les vérités nous sont innées comme des inclinations, des dispositions, des habitudes ou des virtualités naturelles, et non pas comme des actions, quoique ces virtualités soient toujours accompagnées de quelques actions souvent insensibles qui y répondent. », Gottfried W. Leibniz 1990, Nouveaux Essais sur l'entendement humain, Préface, éd. Jacques Brunschwig, Paris, Flammarion, p. 40. 106 ce flot qui monte est conscience, et, comme toute conscience, il enveloppe des virtualités sans nombre qui se compénètrent, auxquelles ne conviennent par conséquent ni la catégorie de l'unité ni celle de la multiplicité, faites pour la matière inerte », Henri Bergson 2007, L'évolution créatrice, p. 269-270. 107 Si l'instinct est, par excellence, la faculté d'utiliser un instrument naturel organisé, il doit envelopper la connaissance innée virtuelle ou inconsciente, il est vrai et de cet instrument et de l'objet auquel il s'applique. », Henri Bergson 2007, L'évolution créatrice, p. 151. 108 Henri Bergson, 2011, Écrits philosophiques, p. de page Pour citer cet article Référence électronique Marc Parmentier, Virtualité et théorie de la perception chez Bergson », Methodos [En ligne], 17 2017, mis en ligne le 03 mars 2017, consulté le 23 août 2022. URL ; DOI de page
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